Discours d’ouverture des JPR 2013


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Discours du 7 novembre

À Ghislaine Dupont et Claude Verlon

Mesdames, Messieurs,  chères consœurs,  chers confrères, chers amis

Permettrez moi d’abords de vous remercier de votre présence à nos coté, une  présence qui nous fait chaud au cœur, synonyme pour nous de votre  soutien à  nos actions.

Au moment de débuter ces secondes journées de la presse régionale, le Club presse Martinique est partagé entre joie et tristesse. 

Quel soulagement pour nous, Martiniquais,  d’assister au retour de notre compatriote Thierry Dol  sur son sol natal. Nous n’avons jamais perdu espoir durant ces 1139 jours de leur détention. Nous avions initiés avec d’autres des actions,  et laisser nous croire un instant qu’une infime partie de ces manifestations sur notre sol a aussi contribué à sa libération.

Nous souhaitons à Thierry de se reconstruire,   à sa famille de retrouver la sérénité. Nous devons aussi rappeler que des otages français sont toujours détenus quelque part au Sahel, malgré la libération de quatre de nos compatriotes.

Ne relâchons pas  notre solidarité à cet égard.

Tristesse après la mort tragique de Ghislaine Dupont et Claude Verlon dans l’exercice de leur mission.

Encore deux confrères qui paient de leur vie l’exercice du métier. Leur mort témoigne de la difficulté des journalistes et des techniciens des medias à faire leur travail.

Ils s’ajoutent à la longue liste de journalistes, qui de par le monde ont été tués dans l’exercice de leur mission. Déjà 47 cette année et 120 l’an dernier.

Certains ont décidé de les faire taire pour faire peur, intimider afin d’imposer la loi du silence et exercer leur pouvoir de nuisance sans témoins.

Le journaliste Cyril Bensimon, un spécialiste de l’Afrique actuellement au Monde pose la question et y répond : “Les journalistes doivent-ils abandonner les régions les plus dangereuses ? Répondre par l’affirmative serait condamner ces zones à l’oubli. Pas de témoin , [c’est comme] pas de crime”.

Le tribut ultime payé par ces collègues de métier oblige également, pour une énième fois, chaque acteur de la profession à réfléchir profondément aux valeurs et idéaux défendus par ces professionnels de l’information

Pour marquer notre solidarité et notre fraternité   avec nos confrères de Radio France Internationale, Le Club Presse Martinique a décidé de dédié  ces 2ième Journées de la Presse à Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Ayons une  pensée pour leur  famille et  observons  une minute de silence en leur mémoire.

Merci.

Venons-en à ces 2ièmes  JPR,   

Nous y sommes,

« (En)quête de l’info, quel crédibilité ?  ». 

Une  problématique d’actualité lorsque l’on sait que beaucoup de citoyen déclare ne pas faire confiance à leurs médias et les accusent de relations incestueuses avec le pouvoir politique et économique. D’ailleurs le Club Presse n’est pas à l’abri de ses soupçons de connivence entre les journalistes et les dits pouvoirs. 

Le poids croissant d’Internet avec la course à la rapidité, à l’immédiateté même, qui, en diminuant le temps consacré aux nécessaires vérifications, nuit à la fiabilité des informations fournies.

L’occasion pour nos intervenants de qualité d’apporter leur éclairage,  de confronter nos points de vue. C’est un aussi  permettre à nos lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs d’apporter leur vision de nos médias et leur attente.

À partir de ce thème, des  ateliers  sont mis place.  La liste et l’horaire sont indiqués sur le petit livret qui vous est remis.

Petit livret qui met en avant notre clin d’œil au centenaire d’Aimé Césaire. Avec nos journalistes photographes et  nous avons tenté de jeter un regard sur la vie médiatique de Césaire.  Adams Kwateth vous en dira plus. Une exposition réalisée en collaboration avec le journal le Progressiste.

CES JPR SONT également la rencontre avec nos confrères de la Guadeloupe, de la Guyane, d’Haïti, de la Diaspora, de la Réunion mais aussi de France et de Belgique.   À cet égard,  saluons les membres du bureau de l’Union de Club Presse de France qui nous font l’amitié de prendre part à nos travaux.

Lors de la première édition en 2011, la longue liste de participants nous avait intimé l’ordre de continuer à maintenir ce rendez-vous pour continuer la réflexion.

On le sait, la  presse écrite va mal, l’audiovisuel n’est pas en reste, plan de licenciement, précarité, chômage pour les jeunes sortant des écoles de journalisme, comme beaucoup de secteurs de l’économie, la crise frappe la presse. Mais pas seulement,   agressions, pressions, lobbying,  attaques, remise en cause sournoises de la liberté de la presse. Il ne s’agit point de dire que la presse est dans une tour d’ivoire et n’a donc point accès à la critique.

En cette période de raréfaction des deniers public et privé, nous avons pu malgré tout  réunir un budget pour atteindre nos objectifs. Mettre en place des conditions de travail acceptable et accueillir nos confrères dans de bonnes conditions.

Nous avons ainsi  pu bénéficier de l’aide la collectivité régionale, de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique, du Comité Martiniquais du tourisme, du Conseil général, des Rhums Clément et Saint James. De tous ceux qui apportent  leur aide sans réclamer un retour. Occasion pour moi de les remercier pour la réalisation de cette manifestation.

Un grand woulo bravo à l’équipe de direction pour le travail accomplie pour la réussite de ces JPR.     

Permettez de vous souhaiter chers consœurs et  confrères une fois de plus bienvenue chez nous et à tous bon travail.

Merci de votre écoute.

 

Le Président du Club Presse Martinique

Claude BOUGRAINVILLE

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